Un homme ordinaire pour quatre femmes particulières

cie Le Théâtre au Lion d’Or (2002-2004). Ce texte de Slimane Benaïssa parle de la violence conjugale. Pour ce sujet Le Théâtre au Lion d’Or voulu rencontrer la réalité au travers du prisme de la fiction.

DESCRIPTIF

Nous proposons une performance articulée en deux temps.

  • La représentation théâtrale, pour faire entendre et ressentir une œuvre majeure dans la production théâtrale contemporaine.
  • Suivie d’un débat pour sensibiliser, questionner le public sur les comportements de violence conjugale.

Notre dispositif scénique et dramatique met le public dans une autre situation d’écoute. Le théâtre actuel n’est plus entendu dans sa fonction première, nous cherchons donc les moyens de le créer dans des situations nouvelles pour les acteurs et le public. Cet autre rapport au « dire » où la parole est soit adressée à l’auditeur, soit entendue par le spectateur. Il nous parait urgent de poser les questions :

  • de la « parole adressée », pour le théâtre, pour la société.
  • de la violence conjugale, du fonctionnement patriarcale.

Nous aspirons à rendre le théâtre vivant au sein de la société.

L’auteur

Grande figure du théâtre algérien, Slimane Benaïssa est encore trop peu connu du public français. Auteur bilingue (arabe et français), metteur en scène, acteur, membre du Haut Conseil de la Francophonie, ses idées l’obligent à « entrer » en exil en France en 1993, suite à des menaces de mort. Son théâtre se nourrit de vécu.

La pièce

Quatre portraits très différents de femmes. Elles vont connaître la violence conjugale. Quatre parcours qui se rejoignent autour d’un archétype. Cette pièce est née de témoignages recueillis auprès de victimes de violences conjugales au Centre d’hébergement de Nîmes. Une bien étrange rencontre, celle d’un homme qui fait parler des femmes. Celle aussi de l’exilé, victime d’une violence meurtrière, qu’il fait revivre ici sous une forme plus quotidienne, au sein du couple.

Le lieu

Le lieu est comme une miniature d’arène. Un espace de jeu au centre, entouré par des gradins réduit à de simples carrés de moquette rouge, posés par terre. Puis quatre coins formant un carré qui délimite l’espace où siègent des pupitres noirs. Les coins du carré sont reliés entre eux et au centre par un chemin marqué en pointillés, au sol. Les comédiens évolueront dans cet espace, le public s’assied au sol sur la moquette. Quelques chaises sont prévues en dehors de l’ensemble pour les personnes dans l’incapacité de s’asseoir par terre. Ainsi la situation scénique du public est modifiée, il ne regarde plus simplement face à lui, il est au cœur même du lieu de parole et choisit ce qu’il veut en voir, son rôle est actif.

LE SPECTACLE : «parole adressée»

Les témoignages

Slimane Benaïssa a écrit cette pièce à partir de quelques soixante témoignages de femmes, les mots sont nés de ce dire où elles se racontent. Nous avons voulu le restituer dans sa forme originelle. Sur scène il est matérialisé par le livre, les mots du passé sont inscrits. Chaque comédien est porteur de la parole de son personnage. Fatiha, Antoinette, Denise, Alice, l’homme seront parfois entendus à travers le livre, d’autre fois à travers le comédien.

Partenaires

Du comédien qui dit au public qui entend

Un travail autour de la «parole adressée» :

  • la parole du personnage, celle de son passé, confiée au public.
  • elle est habitée par le comédien, vivante dans un présent spectaculaireParticularité

Accompagner le comédien et le public à un nouveau « rapport au dire ».

Le fonctionnement du témoignage, « celui qui dit à celui qui écoute », côtoie celui du théâtre « celui qui écoute celui qui dit ». Ainsi le lien comédien/public est alternativement lecteur/auditeur et acteur/spectateur.

  • Le lecteur, passeur d’une littérature qui devient parole dans l’esprit de l’auditeur. Actif dans l’écoute, il entend les mots/maux avec distanciation.
  • L’acteur et le spectateur vivent le dire.

Il y a un déplacement de l’espace du présent réel à celui du présent théâtral. En formulant ainsi les règles du jeu, nous voulons révéler l’acte théâtral.

LE DÉBAT : PAROLE DU RÉEL

Distanciation et réflexion

Cette pièce exorcise la violence subie par ces femmes. L’effet de distanciation provoqué par le spectacle offre la possibilité à l’auditeur d’entendre dans l’histoire l’écho de son propre vécu. Ses questionnements quotidiens sont ainsi mis en relief par ceux sous-entendus par le texte.

Vécu collectif

Le spectacle, par la parole, établit un lien entre les histoires racontées et le public, entre chaque composant du public, les identifiants dans un vécu collectif. Ces liens créés forment le socle de la parole à venir, celle du débat. l’animateur et les intervenants orientent les discussions afin que se formulent, et par là se libèrent, les conflits.

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